Cahiers de philosophie de l'Université de Caen, n° 38-39. Le réalisme des universaux

Quel mode d'existence ont les concepts, entendons : les classes, les types,
les généralités ? Y a-t-il des propriétés universelles ? Ce que les médiévaux
ont appelé les universaux sont-ils des choses «capables d'exister en plusieurs»
ou ne sont-ils que dans l'intellect ? S'agit-il d'aspects du monde lui-même ou de
pures représentations de l'esprit qui confère au monde un ordre ?
On sait la place que la «querelle des universaux» a occupée tacitement dans la
philosophie ancienne, puis explicitement dans la philosophie médiévale, mettant
aux prises réalistes et nominalistes. Chacun sait aussi que ce problème, longtemps
pertinent pour répertorier écoles et doctrines, fut réduit à un simple appendice
des grands systèmes idéalistes post-cartésiens. Mais alors, comment comprendre
le regain de faveur des discussions sur la réalité des universaux dans la philosophie
contemporaine ? S'agit-il de la reprise d'un problème dont la philosophie ne peut
pas faire l'économie, même si elle a pu l'occulter ? Y a-t-il réellement une pensée
commune entre le réalisme d'un Duns Scot et celui d'un Armstrong, ou entre le
nominalisme d'un Ockham et celui d'un Goodman ?
Ces questions ont fait l'objet d'un colloque organisé à l'Université de Caen.
La confrontation entre solutions anciennes et solutions contemporaines et le
débat entre historiens de la philosophie et philosophes contemporains ne sont
pas seulement féconds, ils sont philosophiquement nécessaires.