Charivari

Réelles ou rêvées, ces déambulations d'un
jeune désabusé dans les friches physiques
et intellectuelles de Tokyo ont, pour le lecteur,
une inquiétante étrangeté. Au cours de ses
errances, il n'a de cesse de mettre en charpie
le spectacle consternant de banalité qui
l'entoure. Ce roman excentrique d'un bon à
rien placé sous le signe de l'incomplétude et
de l'aléatoire, d'un oisif un brin provocateur
qui trouvera sa rédemption dans la peinture,
est le premier livre de Machida Ko, par ailleurs
célèbre chanteur de rock au Japon. Sous forme
d'un monologue souvent hilarant, les images
se télescopent avec les extravagances verbales
et les mouvements d'allégresse ou de détresse
de notre héros déjanté. Une technique stylistique
qui relèverait de l'effet de mode, si la langue ne
donnait l'impression d'avoir été secouée au
shaker pour se muer en un mélange détonant.
Machida Ko a obtenu pour cette oeuvre le
célèbre prix Akutagawa, l'équivalent du
Goncourt au Japon.