Les lilliputiens de la centralisation : des intendants aux préfets, les hésitations d'un modèle français

Les lilliputiens de la centralisation : des intendants aux préfets, les hésitations d'un modèle français

Les lilliputiens de la centralisation : des intendants aux préfets, les hésitations d'un modèle français
Éditeur: Champ Vallon
2007410 pagesISBN 9782876734623
Format: BrochéLangue : Français

Dans La Comédie humaine , Balzac pourfend à diverses reprises un modèle

français incarné par ceux qui dans chaque département représentent le pouvoir

central : les préfets. À ses yeux, la Nation tout entière serait comme prisonnière

de «fils lilliputiens» maniés par les représentants d'un État «centralisateur».

Brocardés par toute une littérature au XIX<sup>e</sup> siècle, ces mêmes préfets

ont souvent été perçus, depuis Tocqueville, comme les héritiers naturels des

intendants. Si cette idée d'une continuité entre les efforts «centralisateurs»

de la monarchie dès l'Ancien Régime et l'influence du «jacobinisme» sur la

France a été remise en cause par les historiens, force est de constater qu'elle

imprègne aujourd'hui encore l'historiographie et le «grand public». Il est

vrai que certaines continuités existent entre les hommes que l'autorité centrale

a tour à tour choisis comme représentants dans les provinces, car le contrôle

et la connaissance du territoire national restent fondamentaux pour tout pouvoir.

Différents personnages se sont ainsi succédé au fil des temps et ont matérialisé

en France la présence concrète d'un État par nature abstrait. En supprimant

les intendants en 1789, la Révolution a pourtant voulu faire disparaître

tout intermédiaire entre pouvoir central et pouvoirs locaux. Mais, face à

ce vide, sitôt que le pays est entré dans une crise multiforme, elle a dû se

résoudre à innover dans l'urgence. Avec force hésitations, la recherche de

solutions nouvelles a ainsi fait naître successivement les représentants du peuple

en mission, les commissaires centraux du Directoire, puis les préfets.

Tous ces personnages ont été l'objet d'appréciations sévères, voire de légendes

noires pérennes, tant il est vrai que la critique de l'État et de son poids

est presque devenue une sorte de sport national. Alors que la France est

entrée depuis 1982 dans une phase dite de «décentralisation» et que fleurit

un discours capable de vanter les vertus du « global village » mondial

autant que les mérites d'une politique de «proximité», le présent ouvrage

entend rappeler ce qu'ont été les hommes du pouvoir dans les provinces françaises

du XVII<sup>e</sup> siècle à 1800, avec leurs similitudes aussi bien qu'avec leurs

profondes différences. Le lecteur y trouvera matière à réflexion sur notre

modèle national de res publica , sur ses racines ainsi que sur nombre d'idées

reçues.

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