Rapport sur le développement en Afrique 2010 : les ports, la logistique et le commerce en Afrique

Ce Rapport sur le développement en Afrique 2010 paraît à un moment où les pays de cette
région déploient des efforts pour surmonter les problèmes liés à la logistique commerciale,
en particulier au niveau des ports, qui constituent des points d'accès pour 80 pour cent des
échanges mondiaux de marchandises. On constate un accroissement de la part de l'Afrique
dans le commerce avec les marchés émergents tels que l'Asie, avec les marchés traditionnels
d'Europe et d'Amérique du Nord, ainsi qu'entre les pays africains. Néanmoins, ces échanges
restent fortement entravés par la faiblesse de la chaîne logistique, qui inclut les ports et les
liaisons avec l'arrière-pays ou hinterland (réseaux routiers, ferroviaires et fluviaux).
Le présent rapport montre que, dans bien des cas, les ports africains pourraient dégager
de substantiels gains de productivité s'ils amélioraient l'infrastructure des ports existants. Il
faut aussi créer un cadre de réglementation plus favorable en introduisant des partenariats
public-privé qui apporteront le financement nécessaire pour relever la capacité et faire
évoluer l'infrastructure portuaire.
De surcroît, les carences de l'infrastructure «immatérielle» des ports, à savoir des institutions
et de la réglementation, renchérissent le commerce et nuisent à l'efficience. Le rapport
propose plusieurs mesures préventives : il s'agit notamment de soutenir les processus de
privatisation qui correspondent aux objectifs du secteur public, de resserrer la coordination
entre les différentes institutions concernées (autorités portuaires, douanes, ministères des
Transports, organisations syndicales, etc.) et d'encourager les facteurs propices à l'efficience,
tels que les stratégies et les dispositifs favorisant la concurrence, une meilleure coordination
des divers intervenants dans les ports, la simplification des documents et le traitement par
un guichet unique.
Au bout de la chaîne logistique, l'infrastructure de l'arrière-pays, qui relie les ports aux marchés,
tient une place critique dans les coûts globaux des échanges commerciaux. Dans tous
les pays d'Afrique, mais surtout en Afrique subsaharienne, l'efficience portuaire pâtit d'une
faible connectivité avec l'hinterland, en raison du mauvais état des routes, des chemins de
fer et des autres modes de transport, ce qui nuit à la qualité du service. Le présent rapport
a atteint son objectif : remédier au manque d'informations sur les ports et la logistique y
afférente, ainsi que, grâce à ses constats, permettre aux instances décisionnaires de définir
des stratégies et des politiques éclairées, dans le secteur public comme dans le secteur privé.