Regard de soldat : la Grande Guerre vue par l'artilleur Jean Combier 1914-1918

Regard de soldat : la Grande Guerre vue par l'artilleur Jean Combier 1914-1918

Regard de soldat : la Grande Guerre vue par l'artilleur Jean Combier 1914-1918
Éditeur: Acropole
2005207 pagesISBN 9782735702572
Langue : Français

On croyait tout connaître de la Grande Guerre, et pourtant... Le témoignage photographique

d'un artilleur, redécouvert par son fils quelque quatre-vingt-dix ans

plus tard, nous en livre des images méconnues et exceptionnelles.

En août 1914, Jean Combier, photographe de profession, a vingt-trois ans quand il

est mobilisé en tant qu'artilleur dans le 3<sup>e</sup> groupe de 75 du 1<sup>er</sup> RAC (régiment d'artillerie

de campagne) de la 16<sup>e</sup> DI (division d'infanterie). En plus de son barda de

simple soldat, il emmène avec lui ses appareils photographiques.

Durant quatre ans, il va photographier la vie au jour le jour des soldats partis au

front. Il les immortalise dans leurs poses les plus avantageuses quand il s'agit d'envoyer

les tirages à leur famille. Il les saisit dans leur quotidien le plus banal, car la

vie s'organise comme elle peut chez ces hommes qui risquent la mort à tout instant

: la lessive, la tambouille, les jeux de cartes. Il les fige dans la peur, la boue, le

sang...

On doit ainsi à Jean Combier un étonnant reportage sur le «Poilu's Park» des environs

de Commercy, où les soldats en repos se livrent à seulement quelques kilomètres

du front, avec la bénédiction de leur état-major, à des activités telles que

des combats de boxe à l'aveuglette.

On lui doit aussi, grâce à un appareil à vues stéréoscopiques qui permet des photos

à main levée, des photographies des tranchées et des champs de bataille, des

assauts et de la désolation qui les suit.

On lui doit surtout une photographie prise en cachette de l'exécution de Flirey, le

20 avril 1915 : quatre soldats fusillés pour l'exemple, la preuve que les exécutions

dans l'armée française ne se limitèrent pas à la répression des mutineries de 1917.

S'il photographie également les villages en ruine traversés par son régiment et les

villages où il fait halte lors de ses permissions à l'arrière - places, boutiques, familles

et jeunes filles en fleurs -, c'est pour mieux donner une vision d'ensemble de cette

France qui entre brutalement, avec cette guerre d'un genre nouveau, dans le

XX<sup>e</sup> siècle.

«Ces images sont une manière de prouver qu'on est vivant, qu'on s'accroche à

la vie, qu'on existe encore. [...] Une photographie, c'est aussi bien qu'une lettre.»

Bertrand Tavernier

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