Histoire du Chevalier d'Iberville : 1663-1706

Héros mythique, corsaire cruel ou commerçant astucieux ? Les visages d'Iberville sont multiples.
Baptisé en 1661 à Ville-Marie, il est l'un des premiers personnages d'envergure à être né en Nouvelle-France.
Son père est un Dieppois, porteur de cet esprit aventureux des Normands, fils des Vikings. Troisième de onze
frères qui connurent presque tous un destin héroïque, il a reçu peu d'instruction et plonge rapidement dans
une vie militaire et marine houleuse.
Chef efficace et tenace, aventurier sans cesse en mouvement, qui vend immédiatement la concession qu'on
lui offre en récompense de ses bons services, les coups terribles qu'il porte aux colonies anglaises lui valent
de se voir même accorder le privilège d'un monopole du commerce dans la baie jusqu'en 1697. Il connaîtra
cette année-là son dernier exploit nordique, avec la reprise du fort York, malgré l'infériorité de son unique
bateau Le Pélican face aux vaisseaux anglais. Malheureusement, les efforts de d'Iberville et de ses compagnons
seront réduits à néant par le traité d'Utrecht, en 1713.
Il portera le fer et ses boulets de canon dans les eaux glacés de Terre-Neuve, dans les courants chauds du
Mississippi en 1699, pour y installer une présence française. Et si d'Iberville ne verra pas de son vivant les
efforts concrets de peuplement et d'évangélisation que déploiera plus tard son roi en Louisiane, c'est lui qui
en fit miroiter les avantages en métropole.
À partir de 1702, la santé de celui qu'on aurait cru invincible devient fragile. Malgré cela, il accepte d'aller
poursuivre, aux Antilles, la guerre des nerfs contre les colonies anglaises.
D'Iberville s'éteint brusquement quelques mois plus tard, assassiné pense-t-on sur l'Ile de la Havane, en même
temps que le gouverneur espagnol de l'île, alors qu'il venait de négocier une alliance locale contre les Anglais.