Les irrécupérables : le jeu de rôle va mal... ils vont l'achever

En 1996, Les irrécupérables paraissent pour la première fois
dans le magazine Casus Belli. Très vite, cette série de planches
satiriques présentant les mésaventures de quatre amateurs de
jeu de rôle ne laisse pas indifférent. On déteste ou on adore.
Les uns s'y reconnaissent tandis que d'autres trouvent le
contenu des histoires improbable et exagéré. Pourtant, cet
album composé d'une trentaine de planches publiées au sein
du magazine Casus Belli et enrichi d'une quinzaine d'inédits est
le fruit d'un travail de chroniqueurs. Car Les irrécupérables
existent bel et bien. Ainsi, à travers le trait dynamique et
attendrissant de Christopher, Mehdi nous livre une restitution
sans concession des moments les plus drôles de ses parties de
jeu de rôle avec ses amis et joueurs.
«Lorsque Mehdi et Christopher nous proposèrent les Irrécupérables
pour Casus, ils savaient où ils voulaient en venir. Ils
n'hésitèrent pas à réaliser plusieurs histoires, parfois en deux
pages (les optimistes !) quitte à ce qu'elles ne passent pas. Et
elles ne passèrent pas ! Le challenge était rude : reprendre le
flambeau de Kroc-le-bô, notre ancienne mascotte, que Boris
Dumodi du même Thierry Ségur n'avait pu remplacer. Et ils soulevèrent
de cris et des pleurs, ces Irrécupérables, coupables de
révéler nos travers de joueurs et de les grossir au-delà du vraisemblable.
Comme toujours, la réalité dépasse la fiction, et la
vérité se fit jour au fur et à mesure que l'on cuisinait le scénariste
: s'il les aimait tant, ses personnages, c'est qu'ils étaient
une version édulcorée de ses propres joueurs, bien pires que
Bernard, Patrick, Morad et Benjamin réunis. Qu'est-ce qu'il
devait les aimer, ses joueurs, et les joueurs en général, pour
continuer ce travail de Levy Strauss du jeu de rôle. Merci Mehdi
et Christopher ! Votre quatuor a des concurrents sous d'autres
plumes aux Etats-Unis, mais aucun n'ose autant que vous !»
Didier Guiserix
(redacteur en chef de Casus Belli)
«Avec les caricatures, c'est toujours pareil. On y retrouve les
autres, mais on ne s'y reconnaît pas soi-même. Ce qui prouve à
quel point elles sont justes. Mieux encore, avec les Irrécupérables.
Christopher et Mehdi ont créé des archétypes. Ainsi,
dans un ou deux siècles, peut-être parlera-t-on d'un Bernard
ou d'un Benjamin comme on parle aujourd'hui d'un don Juan
ou d'un Machiavel.»
Pierre Rosenthal
(redacteur en chef adjoint)
«En réalité, tout est récupérable. Par exemple cette bande dessinée
: apparue dans Casus Belli en 1996, elle suscita consternation
et fureur chez les lecteurs. Quoi ! Mais qui donc
pouvaient être ces quatre dégénérés ? Sûrement pas des
rôlistes, qui sont forcément cultivés et intelligents... Non ? Si ?
Quelques années plus tard, la nostalgie a construit son nid
douillet dans le coeur de ces mêmes rôlistes qui s'apprêtent à
acheter en masse cet album. Alors, les gars, dites-moi : qui est
irrécupérable ?»
Serge Olivier
(assistant à la rédaction)
«Dans la lignée de Microcosmos et du Peuple migrateur. Les
Irrécupérables nous présente l'histoire bouleversante d'une
bande de primates qui, après maints efforts, apprennent à se
tenir sur leurs pattes de derrière et par tenir des dés avec leurs
pattes de devant. Au terme de 46 planches à l'intensité dramatique
soutenue, ils finissent par devenir des Rôlistes, des vrais.
Il reste néanmoins un petit goût d'inachevé à cette émouvante
saga : à quand un volume II, où on les verra se transformer en
êtres humains ?»
Tristan Lhomme
(secrétaire de rédaction)