Bou Kornine

Sidi-Bou-Saïd, un petit village tunisien perché au-dessus de la
Méditerranée. De l'autre côté de la baie, Bou Kornine «la montagne
aux deux cornes».
La chaleur et les parfums.
Les rires et les bruits.
Les larmes.
L'artiste peintre nous livre avec pudeur, mais sans fard, sa rencontre
imprévue avec Moez, un jeune tunisien qui deviendra un de ses
modèles favoris.
Une histoire émouvante et retenue.
Une histoire d'amour perdue d'avance, mais pleine d'espoir.
Une histoire vraie.
«Nous restons ainsi, main dans la main, dans un autre monde,
dans un ailleurs où les aveux brûlent les rêves, où les parfums finissent
par n'exhaler plus rien que la puanteur de la mort, la mort organisée,
la mort planifiée de toute l'Afrique, et je me mets à entendre l'Islam
qui pointe du doigt l'inconséquence de nos dirigeants et la rapacité de
l'occident chrétien.
Aujourd'hui, les religions sont la résistance mécanique aux chocs
culturels, la «résilience» des peuples pillés, détruits et massacrés jusque
dans leurs chairs, jusque dans leurs âmes, contre ceux qui ont eu
l'impudeur de les assujettir à l'argent, fouler leurs identités et bousculer
leurs rythmes.
Mais demain ?»
«J'en arrive à me demander si, cet amour de l'Orient qui oscille
entre passion et retenue, n'est pas pour l'athée que je suis la dimension
du sacré recréé ou celle, plus poétique, de mon voyage sur terre. Une
continuité mythique des épopées de l'enfance, où grandir n'offre pas
une vision unique. Une éthique et une altération qui accompagneraient
mon goût des mots et des maux... Un spectre ouvert sur l'imposture de
vivre debout, quand tout me pousse à me courber.
Et puis, sur cette terre où la possession prive le monde de tout, aimer
ce qui ne vous appartient pas prodigue quelque chose d'ineffable»
Poèmes et illustrations intérieures de Michel Giliberti.