Le Vélosolex : la bicyclette qui roule toute seule

Assurément. Sans jeu de mots, le Solex, cet engin tout noir,
colle étroitement à une image de la France cocardière, tricolore.
A l'image de la "2 chevaux" Citroën, il occupe une place
exceptionnelle dans l'histoire de la motorisation populaire.
A l'instar du camembert, du vin rouge, de la baguette et du
béret, sa haute silhouette noire compte au nombre des véritables
institutions nationales.
Aux lendemains de la Libération, il fallait donner à la France,
ruinée et totalement désorganisée en matière de transports
routiers ou ferroviaires, un moyen de transport très économique,
facile d'emploi et fiable. Le prototype quasi clandestin
étudié pendant l'occupation donnera le Vélosolex qui a atteint
cet objectif bien au-delà de ce que ses créateurs étaient en
droit d'espérer : la France entière a roulé, un jour ou l'autre,
sur l'un des cinq millions d'exemplaires construits pendant
une période de quarante années. De l'infirmière ou du curé de
campagne jusqu'à Patrick Poivre d'Arvor, célèbre journaliste
de télévision, chacun a loué sa sobriété, s'est félicité de sa
robustesse et de sa simplicité, a pesté aussi, parfois, contre
ses maigres performances ou son manque d'aisance en côte.
Dans ce livre à la gloire de l'institution qu'est le "Solex",
trois spécialistes de l'histoire du deux-roues à moteur
racontent son demi-siècle d'existence, du prototype de 1940
jusqu'à la mise en vente, fin 1988, des derniers exemplaires
construits, au profit des "Restos du Coeur" du regretté
Coluche. Un livre qui est destiné à tous ceux qui, aujourd'hui,
éprouvent, peu ou prou, la nostalgie de leurs "années Solex".