Destins croisés : carnets d'un reporter photographe

Destins croisés : carnets d'un reporter photographe

Destins croisés : carnets d'un reporter photographe
Éditeur: Hors collection
2003160 pagesISBN 9782258062528
Format: ReliéLangue : Français

Reporter photographe iranien basé à Paris, Reza témoigne, depuis vingt-cinq ans, des

blessures et des joies de ceux qu'il croise sur sa route. Attentif aux événements qui agitent

le monde et à leurs victimes, il cherche à montrer ce qui ne se voit pas. Ses photographies

engagées sont largement diffusées dans la presse internationale, notamment

le National Geographic Magazine pour lequel il travaille depuis 1990.

«Enfant, j'aimais m'inventer des voyages dans le temps et me transposer dans un autre

siècle, une autre réalité, dit-il. J'étais tout à la fois le spectateur et l'acteur, l'esclave et

le roi, le conteur aussi. Me vient à l'esprit une phrase de James Rumford : "Voyager

vous laisse sans voix, puis fait de vous un conteur." J'ai sans doute débuté ma vie de

nomade en imagination. Plus tard, je choisis l'image comme moyen de raconter et...

de dénoncer.»

En 1990 dans l'Afghanistan libéré de l'occupation russe, les Nations Unies m'avaient

demandé de laisser mes appareils afin d'assurer un programme humanitaire. Je devais

ouvrir une route du blé pour alimenter la population dans les provinces du Nord. Onze

années de guerre contre l'armée Rouge avaient ravagé le pays. Les champs étaient en

friche, les routes impraticables, minées ou détruites, les infrastructures de base comme

les cliniques ou les écoles n'étaient plus que ruines.

Ce blé, j'aurais pu le donner. J'ai plutôt décidé de l'échanger contre du travail, évitant

ainsi une des conséquences fâcheuses de certains programmes humanitaires : l'assistanat.

Dans toute la province, une nouvelle armée se mit en marche : des hommes munis

non plus de fusils, mais de pelles.

J'ai croisé le regard de ce petit homme pendant une distribution de blé.

Près de dix ans plus tard, il est devenu la figure emblématique de l'association humanitaire

Aïna, que j'ai fondée en 2001 avec des jeunes passionnés de la communication,

dans un Afghanistan libéré cette fois des Talibans.

Et si la pousse qu'il montre fièrement était celle qu'Aïna s'est donné pour objet de planter

dans les pays où la liberté d'expression n'existe pas ?

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