L'anticorps

«On volait comme des mouches, sans but précis et sans sortir
du quartier. On s'alimentait de graines de tournesol, de bière
et de fumée, en déversant notre rage contre le caillot de nuages
qui gangrenait le ciel. On avait l'air idiot et on l'était probablement.
Affalés sur notre banc, on s'amusait, c'était la seule chose
qui comptait.»
Jesús rencontre Josu. Jesús est jeune, Josu est punk. Franco
est mort, l'Espagne se remet à peine de la dictature. Leur amitié
lui ouvre les portes de la liberté : Jesús découvre le rock, les filles,
la drogue. Son monde est réenchanté. Mais la réalité rattrape
toujours ceux qui la fuient.
Par la force d'images poétiques rappelant Goya ou Buñuel,
Ordovás nous offre une voix singulière de l'adolescence,
dans la lignée de L'Attrape-coeurs de Salinger.