Musique, politique, religion : de quelques menus objets de culture

Musique, politique, religion ont ici une entrée commune :
l'hymne et cette manière de chanter ensemble qui fédère nations et
églises, partis et syndicats. Ancrant son regard dans une anthropologie
de nos équipements culturels (l'institutionnalisation d'une
ethnomusicologie de la France), Jacques Cheyronnaud scrute la
façon dont la musique entre dans nos dispositifs politiques et religieux
: hymnes activés dans leurs meetings par les candidats aux
élections présidentielles de 1995 et 2002, engagement du groupe
Zebda dans les municipales de 2001... Puis vient la religion, et
l'attention portée à la profération chantée se déplace sur le risque
blasphématoire. Rire de la religion ? Ici, les études portent sur La
dernière Tentation du Christ, le «baiser Benetton», Larry Flint...
On retrouve dans ce livre plusieurs manières de faire et de penser
dans les sciences sociales du dernier quart de siècle et que J.
Cheyronnaud met à l'épreuve de l'expérimentation anthropologique.
Pionnier de l'ébranlement des territorialisations disciplinaires,
il contribue ainsi au rapprochement de l'anthropologie, de
l'histoire et de la sociologie. A l'heure où l'on peut tout craindre
des repliement identitaires sur des principautés disciplinaires, la
lecture active de ce livre permettra de contrecarrer bien des régressions.