Le ballet des morts : Etat, armée, familles : s'occuper des corps de la Grande Guerre

Si l'horreur des tranchées a été abondamment décrite et analysée,
nul historien, avant Béatrix Pau, ne s'était intéressé au sort subi par les
dépouilles des poilus après leur mort au front.
Le carnage une fois terminé, que faire des centaines de milliers
de cadavres enterrés à la va-vite autour des champs de bataille ? D'immenses
cimetières militaires sont progressivement mis en place, mais les familles
sont souvent rebutées par ces nécropoles anonymes et préfèrent ramener
le corps du héros auprès des siens. À condition de pouvoir le retrouver.
Alors comment identifier, exhumer et transporter chacune des dépouilles ?
Qui se chargera de l'immense tâche de la « démobilisation des morts » ?
Le cynisme des « mercantis de la mort » a été brillamment dépeint
par Pierre Lemaitre dans Au revoir là-haut , roman couronné du prix
Goncourt 2013 ; Béatrix Pau en explique ici le contexte historique.
Ballotés de cimetière de fortune en dépôt ferroviaire, les poilus
tombés au champ d'honneur ont trop souvent attendu des années avant
de trouver le repos ; cet ouvrage bouleversant était nécessaire pour éviter
qu'ils ne soient livrés à l'oubli.