Les pays les moins avancés : rapport 2009 : l'Etat et la gouvernance du développement

Les pays les moins avancés (PMA) sont un groupe de pays que l'ONU considère comme étant ceux
dont le développement est le moins avancé eu égard à leur faible PIB par habitant, à leur faible capital
humain et à leur forte vulnérabilité économique. Le présent Rapport affirme que la gravité des effets
de la crise économique mondiale dans les PMA risque d'être telle qu'il ne sera plus possible de «faire
comme avant».
Ni les réformes institutionnelles de bonne gouvernance actuellement mises en oeuvre par de
nombreux PMA, ni l'ancien État développementiste, qui a notamment donné de bons résultats
en Asie de l'Est, ne sont aujourd'hui des modèles vraiment appropriés. Il faut ériger un nouvel
État développementiste. Il s'agit non pas de revenir à une planification du développement comme
par le passé, mais de trouver de nouvelles formes de gouvernance du développement adaptées au
XXI<sup>e</sup> siècle.
Un rééquilibrage entre l'État et le marché est nécessaire pour atténuer les effets de la crise, créer
une résilience aux chocs extérieurs grâce à une plus grande diversification et à une transformation
structurelle, et promouvoir un mode de croissance plus partagé et à plus forte intensité d'emplois. Se
fondant sur les enseignements tirés de modèles dynamiques d'économie mixte, le Rapport analyse
le rôle et les fonctions de l'État s'agissant d'atténuer les contraintes et les obstacles structurels, dont
un investissement insuffisant, qui pèsent sur l'accroissement de la productivité et le renforcement
des capacités productives. Surmonter ces contraintes passe par la mise en place d'un cadre intégré
de politiques sectorielles agricoles et industrielles étayées par des politiques macroéconomiques de
croissance. Dans ce contexte, la gouvernance du développement vise à promouvoir la capacité créative
des marchés de stimuler le changement économique, sur la base d'un contrat social permettant la
participation aux décisions et favorisant une plus grande expression publique.
Le Rapport souligne qu'il n'existe pas de modèle de développement unique et parfait applicable à tous
les pays, et il préconise donc la diversité des orientations et l'apprentissage institutionnel. Il reconnaît
qu'il existe de profondes complémentarités intrinsèques entre le secteur public et le secteur privé. Tout
en rappelant la nécessité de l'aide publique au développement, le Rapport insiste sur l'appropriation
nationale des politiques. L'apprentissage institutionnel demande du temps et des ressources, et disposer
d'une marge d'action suffisante est donc essentiel à son succès à long terme.
Le Rapport reconnaît que les gouvernements des PMA ont un rôle fondamental à jouer dans la
restructuration de leur économie, le développement de leurs capacités productives et la mise en
place de conditions permettant d'assurer une croissance de rattrapage, y compris l'apprentissage et
l'accumulation de connaissances au niveau aussi bien des entreprises que des exploitations agricoles.
La crise confirme que ce type d'orientation est la seule option viable pour les PMA. Cela impliquera
d'élargir et d'adapter l'action publique à de petites économies en développement ouvertes. Le Rapport
propose, dans leurs grandes lignes mais de façon concrète, une autre stratégie économique possible
et un nouveau programme aux décideurs dans les PMA, englobant le renforcement des capacités
institutionnelles et le renforcement d'un État développementiste complémentaire du marché.