Le tournant occidental de l'Allemagne après 1945 : contribution à l'histoire politique et culturelle de la RFA

L'ouvrage montre comment l'Allemagne de l'Ouest s'approprie les valeurs, les
systèmes de pensée, les modèles institutionnels du monde occidental après
1945. Le processus d'occidentalisation, qui met fin au fameux «Sonderweg»,
est à l'oeuvre dans tous les domaines : économie, politique, culture. Il est le
fait de multiples acteurs : Alliés occidentaux, émigrés ayant fuit le nazisme,
élites et Allemands ordinaires.
À côté de transferts culturels réussis, l'ouvrage met en lumière les résistances
aux tentatives de réforme des Alliés (la fonction publique, l'éducation...) avec
pour argument la supériorité des institutions allemandes traditionnelles.
Surtout, il montre que les Allemands n'adoptent pas tel quel le modèle occidental,
mais le transposent, et procèdent à des «métissages», donnant naissance
à des formes composites : économie sociale de marché, capitalisme
rhénan, national-pacifisme... Mais à la différence du passé, elles n'apparaissent
pas dirigées contre l'Occident.
Ainsi, l'Allemagne a pris le «tournant occidental», mais sans se renier pour
autant. Avec la «République de Berlin» et sa «nouvelle normalité», dernier
avatar de l'occidentalisation, elle reste amarrée «en Occident», dans un
Occident qui change de visage.