Etats faibles et sécurité privée en Afrique noire : de l'ordre dans les coulisses de la périphérie mondiale

Etats faibles et sécurité privée en Afrique noire : de l'ordre dans les coulisses de la périphérie mondiale

Etats faibles et sécurité privée en Afrique noire : de l'ordre dans les coulisses de la périphérie mondiale
Éditeur: L'Harmattan
2008204 pagesISBN 9782296055971
Format: BrochéLangue : Français

À partir d'exemples majoritairement puisés en Afrique noire, ce

livre analyse les dilemmes de la sécurité publique dans les États faibles.

Il montre notamment que si les polices des pays en développement sont

rarement considérées comme des objets de recherche dignes de

considération, elles constituent en fait un enjeu fondamental de la

construction de l'État. Leurs défaillances relèvent en effet de problèmes

structurels et pas seulement conjoncturels. Elles ne sont ni récentes, ni

limitées géographiquement. De façon empirique, le visiteur de passage

ou l'expatrié ne peut certainement pas les ignorer. Les check points de

police qui lui barrent la route sont bien visibles. Appelés bouchons en

Afrique francophone, ils mettent en évidence toute une économie

politique de la violence et du racket qui consiste à rançonner la

population au nom de l'État et au service d'intérêts privés. Ces

pratiques d'extorsion ne sont pas de simples bavures : au vu de leur

caractère systématique, il convient assurément de les avoir à l'esprit si

l'on veut réformer en profondeur les appareils sécuritaires des pays en

développement. Dans le même ordre d'idées, il importe également de

dépasser les habituels lieux communs sur la prétendue «nouveauté»

des phénomènes de privatisation de la sécurité depuis la fin de la guerre

froide. Historiquement, le monopole weberien de la «violence

légitime» n'a été qu'une référence lointaine dans le cadre colonial

d'États inachevés et jamais hégémoniques. Autrement dit, parler

aujourd'hui d'une «privatisation» de la sécurité perd beaucoup de son

sens quand on sait que les polices coloniales défendaient déjà les

intérêts d'une frange minoritaire de la population, à défaut d'avoir été

conçues comme un véritable service public.

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