Théologie et Lumières : Jonathan Edwards entre raison et réveil

Paradoxalement ignoré du grand public, Jonathan Edwards a créé les
solides fondements théologiques qui animent aujourd'hui une grande
partie des mouvements «évangéliques». En équilibre entre l'héritage
intellectuel des Lumières et une pratique religieuse revivaliste, il fonde
les bases d'une théologie moderne qui dénonce l'égoïsme et la quête
individuelle du confort et de la richesse.
N'hésitant pas à mettre en cause l'autorité, même quand elle lui est
favorable, Edwards privilégie la justice et l'expérience du peuple, des
Noirs, des femmes, des Indiens, des enfants.
Comme sa théologie, l'héritage d'Edwards est en tension ; considéré
aujourd'hui comme le plus grand théologien américain, sans doute
le plus important du monde occidental au XVIIIème siècle : dans les
universités d'élite, on admire la Lumière et le philosophe, tandis que le
prédicateur de l'enfer vit toujours dans l'esprit des orateurs populistes
des Églises évangéliques modernes.