La prosopopée des animaux : 1541. Prosopopeia animalium aliquot

«Me voici : je suis le lion rugissant, gloire de la forêt
d'Hyrcanie, le premier des quadrupèdes, que ses dents et ses
griffes rendent redoutable. De même que Phébus est considéré
comme le prince de l'Olympe étoilé, c'est moi qui,
parmi les quadrupèdes, possède les plus beaux trophées...»
Ainsi commence la Prosopopée des animaux de Jean
Ursin. Si les animaux sont omniprésents dans les textes
antiques comme dans les textes médiévaux, Jean Ursin,
médecin du XVI<sup>e</sup> siècle, est le premier à leur donner la
parole dans un contexte qui ne soit pas celui de la fable.
Aussi les animaux se bousculent-ils sous sa plume en un
joyeux défilé pour profiter de l'occasion et donner au lecteur
de précieux enseignements : comment garder l'éclat
du teint ? Comment se prémunir contre l'épilepsie ? Quel
est le meilleur remède contre la goutte ? Comment faire
avouer à une femme ses secrets pendant son sommeil ?
Comment se concilier la faveur des puissants ? Quel animal
imiter pour conquérir le paradis ? Pour servir l'homme,
qu'ils admirent, tous les animaux exposent leurs pouvoirs
et s'offrent en sacrifice ; de l'éléphant à la puce, du moineau
au dauphin, aucun ne veut être en reste. OEuvre
savante, résolument inclassable, située au carrefour des traditions
scientifique, religieuse et médicale, la Prosopopée des
animaux invite à regarder autrement ces animaux si familiers
qui se font, le temps d'un livre, les dispensateurs
enthousiastes d'un étrange et fascinant savoir.