Les heures pâles

Les heures pâles
« Dans la chambre, sur le lit, il y avait ma mère, inconsciente, enroulée dans sa robe de mariée à moitié déchiquetée ; sa robe de mariée, exhumée de la penderie, le blanc, les fantaisies, le voile, la poussière, le désastre ; lambeaux de dentelle sur la moquette en velours et boîte de médocs, ciseaux, c'était quoi ces médocs, c'était ceux qu'elle prenait pour dormir, elle en avait pris huit, neuf, dix (...) ; les pompiers sont venus et le quartier, lui, s'est réveillé ; les voisins se penchaient aux fenêtres, personne ne savait, ils ont juste aperçu mon père assis à l'arrière du camion des soldats du feu.
Si tu savais comme je m'en veux (...) Mon père se balançait sur son volant, parlait, parlait, changeait les vitesses et poursuivait sa déposition. Papa, qui est cette femme ? »
C'est l'histoire d'un père, d'un flic exemplaire, d'un professionnel de la vérité. Pendant dix-huit ans, il a fait le choix d'un étrange mensonge : un autre amour, un autre enfant, à vingt minutes de chez lui, et personne ne le savait, ou presque. Un jour, le scandale éclate et l'un de ses fils, journaliste, mène l'enquête - ou plutôt couvre , comme en reportage, l'implosion du modèle parental - entre Lyon, Paris et le Mali.