La coopération décentralisée : concept, enjeux et mise en oeuvre à Anjouan (Comores)

La coopération décentralisée est devenue une réalité mondiale partout où
existent des collectivités locales. L'analyse des différentes pratiques dans
le monde montre qu'il existe plusieurs approches de gouvernance de cette
coopération. A l'origine, ce partenariat concernait des villes et des villages, prenait
la forme de «jumelage» et s'insérait dans un cadre de gestion relativement
simple. Née à la fin du 19ème siècle, cette forme de coopération a favorisé le
rapprochement entre citoyens de pays ennemis au lendemain de la 2nde guerre
mondiale, a traversé la guerre froide et s'est trouvé une vocation nouvelle avec
la décolonisation. Aujourd'hui, elle est devenue une véritable diplomatie qui
s'imbrique avec celle des Etats. Les nouveaux défis auxquels les acteurs de cette
coopération sont confrontés les amènent à adopter des techniques managériales
de plus en plus rigoureuses. De nouvelles approches, plus efficaces, adaptées au
contexte mondial de raréfaction des ressources et à une optimisation de l'action
internationale, s'affirment partout.
Aux Comores, les Îles sont érigées en collectivités autonomes par la
Constitution depuis décembre 2001. Et pourtant, jusqu'en février 2013,
à Ndzuwani, la deuxième île de l'Union des Comores, la coopération
décentralisée était presque inexistante. A partir des données du terrain,
une hypothèse de recherche est formulée : la faiblesse de la coopération
décentralisée anjouanaise s'explique par les lacunes intrinsèques du cadre
de gestion mis en place. L'étude a abouti à trois résultats majeurs : le cadre
de gestion est mal structuré, les autres acteurs locaux sont absents de la
démarche et, en dix ans, le rendement est très faible. Pour redynamiser la
coopération décentralisée à Ndzuwani, l'auteur propose une restructuration de
la gestion de la coopération décentralisée et appelle l'adoption d'une nouvelle
approche de gouvernance : volontariste, stratégique et participative.