Les professeurs de la faculté des droits de Paris : 1679-1793

Au XII<sup>e</sup> siècle, dans des conditions qui nous sont encore obscures,
naît la faculté de droit de Paris. À l'origine dédiée au droit canon,
elle va s'ouvrir au droit romain, enseignement rapidement interdit par le
pape Honorius III en 1219. En 1533 et 1534, le Parlement la réforme :
l'enseignement est désormais confié à un collège de six docteurs qui
seront remplacés à la suite d'un concours public, la dispute, véritable
affrontement entre les candidats. Plus tard, un nouvel arrêt vient
bousculer l'organisation de la faculté : il institue les docteurs honoraires,
nos futurs agrégés, élus lors des assemblées solennelles de la Saint-Mathias
et de la Saint-Jean-Baptiste. Si l'enseignement du droit est le
fondement même de la faculté, l'aspect politique n'est pas en reste :
par une manoeuvre habile, elle se voit concéder les bonnes grâces des
conseillers et ministres d'État en les nommant docteurs ou doyens honoraires.
La tutelle du Parlement s'en trouve ainsi amoindrie et la faculté
de droit protégée par les personnages les plus haut placés de l'État. En
1679, Louis XIV rétablit l'enseignement du droit romain à Paris et, plus
surprenant, institue un professeur de droit français. Ainsi naît la faculté
des droits : canon, romain et français.
C'est cette histoire surprenante que Guy Antonetti, professeur émérite
de l'université Panthéon-Assas, nous propose de découvrir à travers les
portraits des docteurs honoraires, régents, agrégés, et d'un professeur
de droit français de la faculté des droits de Paris. L'auteur redessine les
contours d'un petit groupe socioprofessionnel particulier, nourri par une
forte camaraderie intellectuelle mais aussi par de profondes inimitiés ; il
nous ouvre les portes des lieux de vie des enseignants, nous conte leur
histoire personnelle au fil d'un récit minutieux, conclusion d'un travail
de recherche époustouflant.