Bordeaux 1953, le deuxième drame d'Oradour : entre histoire, mémoire et politique

Tout Limousin connaît l'histoire tragique d'Oradour-sur-Glane et le
massacre de 642 civils perpétré le 10 juin 1944.
Pour autant le «deuxième drame d'Oradour» et resté beaucoup plus
confidentiel.
Nous faisons référence au procès qui s'est tenu à Bordeaux en janvier-février
1953. Les responsables de l'imprescriptible crime de guerre absents,
les Français étaient deux fois plus nombreux que les Allemands sur les bancs
des accusés... Les semaines d'audience ont été le théâtre d'une confrontation
de deux mémoires que la justice ne pouvait satisfaire : celles des familles
d'Oradour et celle des «malgré-nous» alsaciens présents dans le régiment
Der Führer ce 10 juin 1944.
Les enjeux et les tensions qu'a fait ressurgir cette affaire a alors contraint
la classe politique à prendre le relais de l'action judiciaire afin de garantir
«l'unité de la Nation».
C'est cette affaire mêlant mémoire, politique et justice qu'il s'agit de
remettre en perspective pour mieux saisir l'ampleur du drame vécu par
Oradour et pour constater que toutes les souffrances de la guerre n'étaient pas
conciliables.