La représentation du paradis dans la littérature européenne d'Homère à Milton : le poète et le sacré

La représentation du paradis a d'abord été figurative, mais très
tôt affirmée comme impossible, puis assumée comme seulement
métaphorique. Après la Renaissance, condamnées par les théologiens
chrétiens, ces images du paradis, longtemps exemplaires
parce qu'elles alliaient plus ou moins équitablement création
esthétique et transmission d'un concept métaphysique précis,
sont allées disparaissant. Elles ont fait attendre de nouvelles poétiques,
déjà ébauchées, de la transmission de ce concept. Ces
esquisses de nouvelles poétiques se distinguaient ainsi de celles
qui, l'art désormais affranchi de la religion, entré dans l'histoire, et
l'auteur affermissant son rôle, se révélaient déjà, avant le XIX<sup>e</sup>
siècle, libres créations d'artiste.
Telle est l'évolution que l'on peut observer à partir des évocations
du paradis par Homère et Hésiode, par Pindare, Aristophane,
Platon, Cicéron, Virgile, et par Dante, puis par d'Aubigné et
Milton.