L'université du désastre

«Le monde de l'avenir sera une lutte de plus en plus serrée contre
les limites de notre intelligence», annonçait Norbert Wiener... À ce
confinement s'ajoute aujourd'hui non seulement l'effet de serre du
réchauffement climatique, mais aussi celui d'une incarcération dans les
limites de plus en plus étroites d'une sphère d'accélération, d'une dromosphère
où l'épuisement des distances de temps de la Géodiversité
du Globe parachève celui des substances de la Biodiversité. Victime
inattendue de cette forclusion géophysique : la science - la biologie
mais aussi la physique, cette «Big Science» confrontée à la contraction
de l'espace-temps du monde connu et d'un savoir jadis acquis ici-bas.
D'où cette menace, encore inaperçue, d'un accident des connaissances
qui viendrait redoubler celui des substances polluées et mettre
un terme à cette crise de la raison dénoncée par Husserl, avec cette
quête extravagante d'une Exoplanète de substitution, d'une nouvelle
«Terre promise» à coloniser au plus vite ; le climat nécessaire à la
vie de l'esprit comme à celle des corps s'apparentant désormais sur
notre vieille Terre aux conséquences fatales d'une longue maladie
nosocomiale.