Le scorpion

Un garçon rentre chez lui. Il est jeune et sensible.
Il est iranien. Un conscrit, un permissionnaire, un
déserteur peut-être. C'est la guerre entre l'Iran et
l'Irak. Nous savons par les journaux qu'elle fut atroce.
Le Scorpion est un roman plus vrai que tous les reportages.
Non pas parce que son auteur est un ancien appelé de cette
guerre : l'événement ne joue pas ici un rôle capital. Vues de la
boue, des tranchées, de la faim, de la peur, toutes les guerres
se ressemblent. La démarche de Hossein Mortezaeian
Abkenar est avant tout littéraire. La maîtrise stylistique,
l'économie des moyens, la concision poétique font de ce
livre une bombe émotionnelle qu'on ne peut oublier.
Le sentiment de vérité - et la vérité est un sentiment -
happe le lecteur dès les premières pages. Tout de suite, il se
trouve dans la découverte romanesque d'un monde enfoui,
tiré de la nuit par la lumière éclatante de l'écriture.