Où traîne encore le cri des loups

Rarement voyage plus fou a été entrepris. Traverser
la Sibérie à pied, d'est en ouest, parcourir au total
près de neuf mille kilomètres : un cauchemar qui
fut le rêve de bien des fugitifs du Goulag.
Forêts impénétrables, marécages à perte de vue, une nature
belle mais hostile, des milliards d'insectes dévoreurs de chair
humaine, des loups, des ours ; Marc-Henri Picard est sorti à
moitié mort de cette route d'eau, de glace et de feu. En lisant
son livre, on se frotte parfois les yeux. L'exploit physique est
là, certes. Mais les rencontres frappent tout autant. Belles,
très belles, et moches, très moches.
L'image de la Russie secrète qui surgit de ces pages est celle
d'un océan inexploré. En sortant indemne de ce récit hors
norme, le lecteur se dit qu'il aurait pu y rester.