La fin des fins : scène en deux actes

Fin de l'histoire et fin de la métaphysique, fin de
l'homme et fin de l'auteur...
La hantise de la fin aura été celle de toute une époque,
peut-être de toutes les époques.
Deux philosophes, Jean-Luc Nancy et Federico Ferrari,
issus de deux cultures, appartenant à deux générations,
évoquent la question dans un texte en deux actes et à
deux voix où, méditant sur la «fin des fins», la pensée
interroge les conditions de son perpétuel passage et de
son continuel recommencement.
«Peut-être n'y a-t-il aucun commencement ni aucune
fin, et toujours un entre-deux, toujours un passage, un
milieu qui n'est pas un lieu mais un élément où ça
flotte entre un début et une fin qui n'ont jamais lieu.
Le commencement et la fin sont au milieu de tout,
invisibles, rapides comme un double éclair obscur.
Ni commencement ni fin n'existent. Ce sont chaque
fois des artefacts, des projections d'un besoin de fixer
des bornes, de tenir des points fixes. En réalité tout
a toujours déjà commencé et tout continue toujours à
finir.»