Le rôle des peuples autochtones et des communautés locales dans le développement durable : figurants ou acteurs ? : le droit international de l'environnement, entre respect des droits de l'homme et nécessité du développement

«Les populations et communautés autochtones et les autres
collectivités locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de
l'environnement et le développement du fait de leurs connaissances du
milieu et de leurs pratiques traditionnelles.», principe 22 de la
Déclaration de Rio.
Cet ouvrage vise à participer à la réflexion actuelle sur les
liens et les contributions respectives des populations autochtones et du
développement durable et à analyser l'étendue d'une relation qui
paraît, à première vue réciproque. En effet, si le développement
durable est sur le devant de la scène depuis la Conférence de Rio en
1992, les peuples autochtones ont été les victimes d'une médiatisation
ponctuelle depuis les années 1970. Or depuis Rio, les peuples
autochtones sont parvenus à faire entendre leur voix dans les forums
mondiaux de façon croissante.
Longtemps oubliés, négligés, puis envisagés sous l'angle des
droits de l'homme, les peuples autochtones et communautés locales
n'ont fait l'objet d'une reconnaissance en droit de l'environnement
que très récemment, admettant de façon explicite leur utilisation
durable des ressources naturelles et des écosystèmes.
Si le droit international de l'environnement leur confère un
rôle (semble-t-il actif) en tant que participants majeurs du
développement durable, la faiblesse des avancées fait douter de leur
possibilité d'en être de véritables acteurs pour ne rester que de simples
figurants.
En effet, être reconnus comme protagonistes du
développement durable, n'est pas suffisant en soi pour concrétiser leur
rôle. Déterminer les modalités d'exercice ainsi que les bénéfices
réciproques est nécessaire afin d'assurer un partenariat réel, plein et
égal au niveau local, national et international.
De difficultés en avancées, de nombreux progrès restent à
accomplir et multiples terrains d'action s'offrent aux juristes.