Duchamp confisqué, Marcel retrouvé

Dans le monde de l'art, l'idéologie institutionnelle et marchande se sert de
Duchamp pour masquer ses obscurités. Derrière cela, qu'en est-il réellement
de l'entreprise unique de celui dont Guillaume Apollinaire a dit qu'il était
apte à réconcilier l'art avec le peuple ?
On constate que très tôt, Marcel Duchamp a procédé à la publication systématique
de son travail dans une sorte de musée portatif qui est la Boîte
en valise. C'est pourtant seulement après sa mort, selon sa volonté, que
sa toute dernière oeuvre fut montrée. Elle aboutit ce qu'il est possible de
dénommer son «grand oeuvre».
Après avoir piégé le consensus de la société établie en une chausse-trappe
qui reste encore efficace de nos jours, Duchamp use du paradoxe
pour ouvrir la connaissance à de nouvelles régions dépassant les frontières
de la logique. Il bouscule la routine de l'expérience quotidienne et invente
le «transfert d'évidence».
Dès lors se trouve reformulée la question de la représentation. La dernière
oeuvre de Duchamp s'affronte précisément, et de manière très incisive,
au «non représentable».
Balayant une série de malentendus ou de mésinterprétations graves, cet
ouvrage démontre qui est le véritable Duchamp et comment il parvient à
autoriser le passage radical de l'esthétique à l'éthique, ouvrant de nouvelles
perspectives à la création artistique de notre époque, qui en a bien besoin.