Ethnologie française, n° 2 (2009). Norge-Norvège : vue de l'intérieur

Dommage que l'anthropologie norvégienne soit si peu connue en
France, à l'exception des travaux que Fredrik Barth a consacrés à
l'ethnicité ! Plutôt orientée vers le monde anglo-saxon, cette ethnologie
chez soi s'est développée de manière originale, dans le cadre d'une
démocratie sociale unique en Europe.
Située aux confins de l'Europe, la Norvège est un grand pays peu
peuplé, au territoire à dominante montagneuse. Le manque de terres
a été compensé par des ressources marines, autrefois la pêche,
aujourd'hui le gaz et le pétrole, dont l'accès est facilité par un littoral
déchiqueté et un grand nombre de fjords et d'îles. La nature y est
fortement présente et imprègne les représentations autochtones.
C'est l'idée d'égalité qui qualifierait le mieux la Norvège, comme
l'ont souligné très tôt les ethnologues. Cette «égalité» tend à être
comprise comme une «mêmeté», au sens de similarité culturelle.
Mais à partir des «vues de l'intérieur», thème central de ce numéro
d' Ethnologie française , ces concepts sont réexaminés : qu'en est-il de
la «mêmeté» lorsqu'on étudie les Sames, «étrangers chez eux», par
définition, les musulmans norvégiens, les effets des biotechnologies
ou encore l'adoption internationale ?
Comment les normes et les pratiques culturelles de la Norvège
moderne se transforment-elles tout en se maintenant ? C'est l'objet
de l'étude du statut de la religion d'État, des normes vestimentaires
féminines en vigueur, du rôle du ski dans l'appropriation d'un territoire.
De la patrimonialisation de la bruyère au matpakke , le fameux «casse-croûte»,
marqueur d'identité nationale, cette livraison offre au lecteur
francophone l'occasion d'entrer en dialogue avec une autre tradition de
l'ethnologie chez soi, aussi vivante qu'originale.