Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 122. Pèlerinages en Terre sainte

Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 122. Pèlerinages en Terre sainte

Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 122. Pèlerinages en Terre sainte
Éditeur: Nouvelle Cité
201164 pagesISBN 9782853136471
Format: BrochéLangue : Français

«La montagne, vue des alentours, a bien l'air d'être

unique ; cependant, quand on s'y engage, on en voit

plusieurs, mais c'est l'ensemble qu'on appelle montagne de

Dieu ; l'une d'entre elles, au sommet de laquelle est l'endroit

où descendit la majesté de Dieu, comme il est écrit

(Ex 19, 18. 20), se distingue au milieu de toutes les autres. Et

bien que toutes celles qui sont autour soient si élevées que

je pense n'avoir jamais vu les pareilles, pourtant celle du

milieu, sur laquelle descendit la majesté de Dieu, est bien

plus haute que toutes les autres : c'est si vrai que, une fois

l'ascension faite, toutes les montagnes sans exception que

nous avions vues si élevées, étaient tellement au-dessous

de nous qu'on aurait dit de petites collines minuscules. Il y

a une chose vraiment très étonnante et qui ne peut s'expliquer,

je pense, sans la grâce de Dieu : la plus haute de

toutes est la montagne du milieu qui porte spécialement le

nom de Sinaï, celle où descendit la majesté du Seigneur, et

pourtant on ne peut pas la voir à moins d'être venu jusqu'à

son pied même, avant de la gravir ; quand, après avoir

réalisé son désir, on en est descendu, alors on la voit d'en

face, mais avant de la gravir, ce n'est pas possible. Cette

particularité, avant que nous n'arrivions à la montagne de

Dieu, je la connaissais déjà sur le rapport de nos frères, et

quand j'y suis arrivée, j'ai constaté que c'était bien vrai [...].

À la quatrième heure, nous sommes arrivés au sommet

de la sainte montagne de Dieu, le Sinaï, où fut donnée la Loi,

c'est-à-dire l'endroit où descendit la majesté du Seigneur,

le jour où la montagne était toute fumante (Ex 19, 18).

À cet endroit, il y a maintenant une église, pas bien

grande, car l'endroit même, le sommet de la montagne,

n'est pas bien grand ; mais cette église est par elle-même

d'une grande beauté. Nous étions donc, selon la volonté

de Dieu, montés jusqu'au sommet, et arrivés à la porte

de l'église : voici que vint à notre rencontre, sortant de

son ermitage, le prêtre qui desservait l'église ; c'était un

vieillard vénérable, moine depuis son jeune âge et, comme

on dit ici, ascète, bref un homme digne d'être là. Vinrent

aussi à notre rencontre d'autres prêtres et également tous

les moines qui demeuraient là.»

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