Julien Green : j'ai aimé

Julien Green (1900-1998) est un cas singulier dans
l'histoire de la littérature. Des romans célèbres comme
Adrienne Mesurat, Léviathan, Moïra , cheminent aux
côtés d'écrits autobiograhiques dont le journal fleuve,
dix-huit volumes, qui prend sa source au lendemain de
la Grande guerre, roule, près de 80 ans durant, ses eaux
infatigables aux couleurs du moment, dans tous les
méandres de l'histoire. Nicolas Fayet livre une biographie
intérieure de cet homme, américain d'origine, devenu un
écrivain français par ses préoccupations spirituelles et la
qualité de son style. Il retrace tous les épisodes de cette
longue vie, d'une enfance hantée par le Sud aux péripéties
qui en ont émaillé la fin.
Traversant avec une grande maîtrise l'ensemble de
l'oeuvre, Nicolas Fayet dégage les continuités dans les
thèmes et les goûts : la littérature, les voyages, les amitiés
(Gide, Mauriac, Maritain). Il souligne aussi les ruptures :
la conversion, le séjour aux États-Unis durant la Seconde
Guerre mondiale, et offre une parfaite synthèse de l'homme
à partir de sa création littéraire.
«J'ai aimé» est la formule que Julien Green a désiré
un jour voir inscrite sur sa tombe. Elle le résume parfaitement
: conjugaison de l'amour charnel et de l'amour divin.