Ces choses non dites et qui font leur chemin : mémoire familiale et transmission d'une immigrée italienne à sa fille

C'est sur les chemins de la transmission familiale que ce travail nous
entraîne, découvrant et parcourant tour à tour grâce au récit de vie sociale
d'Anna, femme immigrée italienne, les voies et les traverses qu'implique
la transmission.
Ce récit fait appel à la mémoire, en l'occurrence dans ce travail, à la
mémoire familiale.
Les enfants d'Anna enfants que l'on dit «enfants de la seconde
génération» ou tout simplement enfants d'immigrés se sont joints pour
se souvenir et raconter l'histoire familiale, longtemps soumise au
silence.
Ces rencontres des mémoires moments d'échange et de partage
uniques entre une mère et ses enfants révèlent comment se joue la
transmission au sein d'une famille. La parole se libère et laisse entrevoir
malgré toutes les résistances des parents à vouloir transmettre en quoi
l'histoire de chacun est constituée d'un ensemble d'héritages qui
agissent comme déterminants sociaux liés aux appartenances familiales,
culturelles, institutionnelles et idéologiques.
Ce récit soulève les importances des pratiques et représentations
propres à l'origine culturelle des parents, les enfants de migrants
grandissent dans une cellule familiale caractérisée par ces pratiques,
même si tout rapport au passé est occulté induisant une transmission
verticale.
Ce récit retrace aussi le long cheminement de l'immigrant, parcours
sinueux jamais simple lorsqu'il s'agit de vivre sur une autre terre ; il nous
dit toute la pugnacité et la volonté que l'homme déplacé met pour se
sentir intégré dans le pays d'accueil pour lui et ses enfants.