Le banc aux goélands

Comment résumer plus de vingt nouvelles ? Peut-être en tentant de les
décortiquer un peu pour dégager de grands thèmes comme la blessure jamais
complètement refermée de la seconde guerre mondiale, la mort omniprésente,
la mer-toile de fond ou personnage à part entière de certaines histoires,
la chasse, l'amour, bien sûr, mais encore la solide certitude - qui anime bien
des gens - que l'on sait même lorsqu'on ne sait pas, les déconvenues qui
guettent celui qui ne vit pas avec son temps, les classes sociales qui n'ont
jamais fini de s'affronter, les difficultés que peut présenter la simple pose de
papier peint sur les murs d'une chambre, la quête d'un méridien de
Greenwich qui se dissimule dans l'herbe de grasses prairies où il prétend
faire la pluie et le beau temps, un bon gros chien qui... Eh bien, non, n'en
disons pas davantage à son sujet. Un mot de plus serait un mot de trop.
Cette méthode quasi chirurgicale est sans doute une piste possible, qui se
brouillerait un peu lorsque ces thèmes s'ajoutent, se croisent, se mêlent. Mais,
que l'on arpente les grèves à l'heure où la marée remonte, que l'on s'immerge
en plein Pays d'Auge ou au creux de collines du Cotentin, que l'on se
retrouve face à soi-même dans la galerie des glaces de tel casino de la côte
normande ou face à un ennemi dans la tourmente de certaine longue nuit
qui va se lever sur un jour bien plus long encore, ces télescopages façonnent
des destins qui, à l'image de la vie, peuvent être cruels ou cocasses, pitoyables
ou souriants mais toujours surprenants...