L'heure apprivoisée

Suivez-le, ce temps qui monte dans les
pages de la passion. Écoutez-la qui brûle, dans
sa quête au printemps inassouvi. Voyez là,
cette passion à reconquérir, cet été à prendre
- à vivre à nouveau, transposé, dans l'allée du
poème.
C'est l'amour en chemin. Celui qui
emporte dans sa voix tout l'alentour qu'il rassemble,
de mémoire.
Vous irez le temps qui se chante dans le
corps de la nuit.
Si la vie ne donnait
qu'une seule nuit pour aimer
je choisirais celle
remplie de sang frais
que les loups convoitent
celle qui bat en trilles
sous les chemises entrouvertes
si la vie ne donnait qu'une fois l'étreinte
je mangerais tout de suite les ventres
de mes dents pointues
en habile sorcière que je suis
Une parole à prendre décidément comme
un bonheur qui résonne de pages vives.