Cache-cache (ou fées et gestes d'acajou) : Anne Démians architecte

On dit d'ces choses...
On dit que pour faire un projet d'architecte, il faut l'accompagner
d'une inspiration qui le détache du champ rétréci des constructions
banales. On dit aussi que pour défricher un territoire propice à
l'inspiration, il faut souvent regarder du côté de l'art, de l'histoire
de l'architecture, de l'étranger ou de la littérature. Ces chemins sont
appelés communément les «sources d'inspiration naturelles de la
création en architecture». Mais, il existe, au moins, une autre manière
de porter un projet dans une sur/dimension et de le plonger dans un
univers qui le disculpe de tout : les assemblages assonants.
Les assemblages assonants sont des montages abrégés de situations
apparemment sans point commun, à l'origine, mais qui, mis
dans un ordre précis, se réunissent pour former un projet. Loin du
«cadavre exquis» des surréalistes, où l'énoncé final est imprévisible,
l'assemblage assonant (ou consonant) a quelque chose de plus
méthodique et de plus structuré.
Ici, la source, moins émotive, est plus scientifique, plus biologique.
Plus près de la structure d'une molécule que d'une oeuvre de Dali
ou de Johnson, c'est «une nouvelle façon de faire» qui s'appuie
sur la mise en place de parallèles entre une construction biologique
(ou physique), ses transferts et ses interprétations. Les assemblages
fortuits faisant le reste.