A perte de voix

Des personnages juste un peu dérangés, juste un peu
déséquilibrés, des «déséquilibristes» en somme,
présentés dans deux versions, l'une rose, sur le mode
humoristique, l'autre, grise, sur un mode plus grave.
C'est avec un regard distancé mais tendre que l'auteur
considère des personnages semblables à nous, qui se
débattent avec la difficulté de vivre.
Empêtrés, comme nous-mêmes, dans leurs tracas
quotidiens, leurs relations professionnelles, familiales,
amicales et amoureuses, ils tentent de se dégager d'un
quotidien frustrant ou exaspérant. Tous, à des degrés
divers, sont des non-conformistes, sous l'apparence
de leurs vies lisses et banales.
Et les solutions qu'ils trouvent pour lui échapper sont
aussi diverses que surprenantes, depuis le suicide -
version grise - jusqu'à la relation fantasmatique à un
garde du corps vu à la télévision - version rose !
Dans le style clair, direct, dépouillé qui est sien, Joëlle
Gardes décline, entre rire et larmes, la tragi-comédie
de nos vies, la difficulté de s'adapter au monde et les
questions centrales auxquelles nous sommes tous
confrontés.