Contes des juifs de Tunisie

La fête battait son plein. La mariée se tenait, immobile... comme
une mariée. Assise sur son trône élevé, parée, fardée, attifée
comme une poupée, tellement chargée de robes et de bijoux
que tout mouvement lui est difficile, la mariée attend. C'est
une belle et grande femme... un peu trop grande peut-être.
Enfin vient le moment de se retirer et d'aller dans la nouvelle
maison avec son mari. Le cortège arrive devant la porte de la
nouvelle demeure, mais ô stupeur, la mariée est bien trop
grande ! Impossible de lui faire passer la porte ! Ou alors, c'est
la porte de la maison qui est trop basse. Comment résoudre
ce problème ? Chacun y va de son conseil :
- Il faut démolir le linteau de la porte !
- Il faut couper la tête de la mariée !
- Non, lui couper les jambes !
On s'échauffe, on s'énerve, la mariée pleure et re-pleure.
À ce moment passe Ch'ha. Il observe la scène. Et puis il s'avance
et brusquement, il donne un coup sur la nuque de la
pauvre fille qui baisse la tête et est projetée en avant. Elle passe
ainsi la porte. C'est le délire ! Les youyous reprennent ! On
porte Ch'ha en triomphe...
Quand on ne trouve pas une solution simple à un problème
simple on dit :
- La porte de la maison est trop basse et la mariée est trop
grande.