Un ascète dans la cour

Par la force du destin, la vie de Jean-François Ngôh prend un itinéraire
vertigineux qui l'amène à participer aux moments marquants de l'histoire de son
pays et à fréquenter assidûment les hauts lieux du pouvoir. Etranger dans son
nouveau monde, Jean-François Ngôh vit dans la frugalité chacune des étapes de sa
carrière au sein de l'Etat, renonçant chaque fois aux délices et aux mirifiques
tentations de la cour.
Mais, une fois sorti des palais et des offices, il mène une existence plutôt
laborieuse chez lui à Epassendjé, son village natal, auquel il voue un amour proche
du culte ; il sombre dans l'anonymat et connaît les affres de l'abandon et du
reniement. Dès lors, il en vient à douter de ses certitudes, de ses engagements, de sa
conscience de la vertu et des véritables valeurs de l'existence.
La vie de Jean-François Ngôh pose de façon provocatrice la problématique du
serviteur de l'Etat devant la chose publique et invite à une certaine réflexion sur la
retraite des responsables politiques.