Clos par nécessité : la terrible affaire des lettres anonymes

L'Affaire qui donna naissance au Corbeau de Clouzot est
bien celle qui a inspiré Suzy Pasquet.
Sa ville de Malsade est Tulle et le département de Haute-Bruissonne
celui de la Corrèze.
S'agit-il d'un récit fidèle où sont évoqués, traités, disséqués
les tenants et aboutissants du drame qui mit en émoi, de
1917 à 1922, le chef-lieu préfectoral de la Corrèze ?
Certes non, mais tout est dit et la vraisemblance, par la
maîtrise de la romancière, prend le pas sur la vérité-vraie.
Suzy Pasquet a su éviter les menus et nous conduire, dans
le dédale des lignes de force de la vie provinciale, vers un
aboutissement dramatique. Le huis-clos des services
préfectoraux est pénétré avec acuité. Il en naît un récit où
tour à tour la légèreté, l'humour, l'inquiétant, le tragique
saisissent le lecteur pour ne plus le lâcher.
« Que connaissaient-ils de Malsade et de la Préfecture ?
L'apparence officielle et banale que tout étranger pouvait
surprendre : une petite ville de province, vieillotte et grise,
avec des habitants qui sentaient encore leur village ; un
bâtiment administratif sans caractère, dont les employés
étaient les mêmes que partout, ordinaires, marqués par
leur petite vie étroite et la routine du bureau. Qu'eussent-ils
pu comprendre d'autre ? »
Le roman est fidèle à ses sources. Pour preuve les lettres
authentifiées par le graphologue Locard, celui qui dénoua
l'affaire de Tulle en 1922, que publient en annexe les
Editions de la Rue Mémoire.