Transnistrie, un pays qui n'existe pas

On pense à la Bordurie ou à la Syldavie, sauf que la Transnistrie existe bel et bien.
Une bande de terre coincée entre l'Ukraine et la Moldavie, indépendante depuis 1990,
mais reconnue par personne, avec sa capitale improbable : Tiraspol. Ses habitants, 550 000
selon les autorités, beaucoup moins selon la population, ont depuis longtemps choisi leur camp :
Non à l'Europe, oui à la Russie. Les Transnistriens, en majorité russophone, ont pris les armes
contre une Moldavie roumanophone lorgnant trop vers l'Ouest. Un oeil peu bienveillant
considérerait la Transnistrie comme une république d'opérette. Un regard plus attentif découvrira
des habitants hauts en couleurs, qui n'ont pas voulu être les oubliés de l'histoire. Ils rêvent
d'écologie, de tourisme, de tout réapprendre, mais sont certains d'une chose : à l'Ouest, ils ne
seraient que des citoyens de seconde zone. Du temps de l'URSS, ils pouvaient traverser la moitié
du monde ; aujourd'hui, leur passeport ne leur sert plus à aller nulle part.