Gains de causes

L'un de nous devinait une ponctuation dans la brise à travers les
ormeaux.
C'était une journée presque banale
avec toute la blancheur d'un silence qui se laisse apprivoiser
au-delà des brumes grises et mauves en direction du lac.
Ciel menu comme un timbre-poste à humecter d'un bref coup
de langue.
L'hiver portait beau. Ainsi furent les jours. D'autres semaines
passèrent.
Au printemps les vestiges de la neige sentaient le cuir.
Plus tard, des saisons imprévues nous enjambèrent,
aveugles, sourdes et chancelantes sous leurs épaules de plomb.
Nous voici enfin de retour en ce jardin
où des yeux de fleurs nous protègent,
gratifiés à nouveau de ramures innombrables,
d'une dimension venue du feu, réunis dans la somme des
ferveurs.
Associés dorénavant à un projet de cascade, nous trions les idées
qui ont du verbe à faire bouger.
Quand la nuit s'assied à nos côtés
dans le noir quelque chose toujours s'élance et pour finir nous
rencontre.