Le fileur de destins

La vie quotidienne des Pieds-Noirs pendant la période 1945 - 1962 n'est pas plus
connue que leurs sentiments et leurs réactions devant l'évolution de l'Algérie et les
exactions de la rébellion.
Profondément enraciné dans son sol natal, J.P Alata ne fait aucune différence
entre la France métropolitaine et sa province d'Outre-Mer, ce qui motive son
patriotisme rigoureux. La vie agitée des étudiants algérois le conforte dans cet idéal
tout en lui faisant voir les années d'occupation à travers la réalité de la
reconstitution de l'Armée d'Afrique. Son mariage inattendu avec Fabienne lui
ouvre des horizons qu'un amour de jeunesse et ses divagations amoureuses ne lui
laissaient pas entrevoir.
Ses contacts avec les colons du bled, ses relations avec les écrivains
algérianistes, ses divergences avec l'OAS sur la stratégie à retenir, dégrossissent la
légende monolithique du Pied-Noir colonisateur analphabète, pour ciseler la vraie
plus complexe, plus fraternelle, plus juste.
Son expulsion manu militari d'Algérie, son remplacement sur le terrain par
Fabienne, présente à Oran le 5 juillet 1962, lors du massacre des Européens,
apportent au roman une touche tragique qui lui permet de rebondir avant le mot fin.