L'Inquisition espagnole au lendemain du concile de Trente : le tribunal du Saint-Office de Séville 1560-1700

Tribunal d'exception créé à la fin du XV<sup>e</sup> siècle à la demande
des Rois Catholiques, le Saint-Office fut un instrument
de l'appareil d'État au service de l'uniformisation religieuse
des royaumes de Castille et d'Aragon. À l'âge moderne en
Andalousie, dans ce carrefour stratégique que constituaient la
capitale des Indes et sa région, l'Inquisition de Séville fut la principale
cour d'Espagne tant par l'ancienneté de son implantation
que son rayonnement et son volume d'activité.
Devenue, au lendemain du concile de Trente, l'une des pièces
maîtresses de la monarchie catholique dans son projet réformiste,
l'Inquisition espagnole rejoignait par son action les visées
politiques et les impératifs religieux de la Couronne. Elle accéléra
ainsi le processus de dissolution des cultures marrane et
morisque tout en menant une offensive préventive et radicale
contre les cercles qui s'éloignaient des préceptes de l'Église romaine,
fussent-ils protestants, érasmistes ou illuministes.
En outre, à la fin du concile de Trente, l'Inquisition s'affirmait
comme l'auxiliaire des autorités diocésaines pour surveiller la
religiosité des populations mais également pour garantir la discipline
du clergé. La nature des comportements censurés et les
discours poursuivis illustrent la distance entre certains traits de
la culture populaire et le système de valeurs désormais défendu,
révélant par là même les résistances
des populations à modifier leurs
pratiques et conceptions. En cela, le
Saint-Office fut un instrument destiné
à discipliner le corps social, à
modeler les conduites et à redessiner
les contours de la morale et de
la piété populaire dans l'Espagne du
Siècle d'or.