Les maladies mentales

La pratique et la théorie psychiatriques ont connu au cours de
ces dernières décennies de profondes transformations : établissement
d'une politique globale de santé mentale, développements
théoriques et thérapeutiques nouveaux en lien avec la psychopharmacologie
et la biologie, rapprochement avec les neurosciences,
expansion des thérapies cognitives et comportementales. Ces transformations
ont eu des effets profonds sur la manière d'aborder et de
traiter les maladies mentales. Paradoxalement, face à ces mutations
profondes, les sciences humaines et sociales semblent, en
France notamment, relativement muettes et ces évolutions restent
largement «impensées». C'est ce manque que voudrait en partie
combler ce nouveau numéro des Cahiers du Centre Georges
Canguilhem, issu d'un séminaire de deux années tenu, au sein de
l'Université Paris VII-Denis Diderot, sous la direction de Jean-Noël
Missa. Réunissant des chercheurs issus d'horizons très divers
- philosophie des sciences, histoire, sociologie, psychologie... - il a
pour objectif moins de traduire une position commune qu'à faire
émerger des débats enrichissants sur l'évolution de la discipline et
d'en restituer la complexité en faisant varier les points de vue.