Le choc des incultures

Sursaut inespéré ? Face aux défis d'une mondialisation moins
heureuse que prévu, devant la résurgence d'une barbarie que
l'on croyait terrassée par la «fin de l'Histoire», on s'avise enfin
de brandir la culture comme bouclier contre le nihilisme et
le fanatisme.
Mais s'agit-il de cette culture marchande, fourre-tout qui ne
se reconnaît aucune frontière, n'accepte aucune définition et
se dilue dans le divertissement ? Ou au contraire d'une culture
élitiste et fermée, réservée aux initiés, qu'il s'agisse des technosciences
avancées ou des humanités dépassées ?
Faute de circonscrire et d'assumer leur propre héritage, nos
sociétés se condamnent au déclin. C'est bien ce vide spirituel
qui permet aujourd'hui la propagation des idéologies
radicales et violentes, à la faveur du recul de ce qui s'appelait
jadis l'instruction.
La modernité nous a été livrée sans boussole. Comment trouver
nos repères dans la jungle numérique ? Le choc des incultures
aura-t-il lieu ? Il est encore temps, estime Francis Balle, de
donner à l'école - et aux médias - les moyens de regagner le
terrain cédé aux intégrismes. Et de rendre autorité aux arts, à
l'histoire, à la littérature, à la philosophie. À la culture.