Et maintenant... Québec quoi ?

Yves Côté habite le sud-ouest de la France depuis 1995. Québécois
de nationalités canadienne et française, il a suivi avec intérêt le fil des événements
récents du quatrième centenaire de la Ville de Québec ; en particulier
ceux qui se sont déroulés en France. Dans un rappel des choses souvent
décapant, aidé de sources médiatiques, il nous livre aujourd'hui ce
qu'il retient d'une année aux allures trompeusement festives.
Depuis l'été 1967, alors que se déroulait l'Exposition Universelle
de Montréal sous le thème de Terre Des Hommes , comme jamais auparavant
une phrase se mit à marquer l'esprit des Français presque autant que
celui des Québécois. Après deux siècles de distance choisie de la part de
la France, un pont était jeté au-dessus de l'Atlantique en direction de ces
derniers. Si cela ne fut pas sans remous, sans nuance non plus avec le
temps, l'initiative française eut pour avantage de faire s'ouvrir les portes
nord-américaines comme jamais aux citoyens et entreprises de ce pays.
En un automne à l'Été des Indiens tardif, une déclaration faite à
Québec lors du Sommet de la Francophonie est venue rompre, de manière
officielle et sans doute irréparable, les liens de complicité qu'entretenaient
concrètement la France et le Québec. Pour s'amadouer un Canada
anglais paraissant à l'abris des tumultes économiques, ce fut en absence
de tout débat politique chez lui à ce sujet, comme s'il voulait le faire en
catimini de son peuple, ses propres électeurs inclus, que Nicolas Sarkozy
s'est déterminé à agir au nom de son pays. En octobre dernier, après que
quelques amis lui aient préparé le terrain là-bas et avant que quelques
autres tentent de lui en assurer les arrières, il essaya de tuer l'espoir d'indépendance
qui reste chez la majorité des cousins français du Québec.
Ceux-là même qui représentent
quatre-vingts pour cent des habitants de la
toujours "Belle Province" et que le président
qualifia lui-même de "frères"
Et a-t-il réussi son coup ?
À en croire notre auteur, malgré le
silence qui règne en France à ce sujet, on
peut se permettre d'en douter.