Le corps sans passe-partout

La poésie de Zéfi Daraki, comme l'a souligné la critique, «se
mouvant entre la hauteur et l'obscurité, sur des niveaux d'images
successifs analyse l'angoisse de l'amour et de la mort».
Elle analyse l'impasse des relations humaines où au milieu de
monologues parallèles continus, l'interlocuteur, n'est qu'une énigme
éternellement insoluble.
Le corps sans passe-partout
«Stations fermées / les corps / renvoient / à des clés volées /
Ténèbres rouillées / les paroles / ne s'ouvrent plus désormais / à la
lumière...»
Il y a une peur continuelle de l'existence, une continuelle
angoisse. Le poème passe silencieusement par le point de fuite, le
point le plus fort de cette fuite devant la peur... La voix poétique
s'enfonce au milieu des questions éternelles sur l'amour et la mort
vers le langage fiévreux des images. Dans l'écriture même se trouve
la clé du corps. Le corps et sa mémoire.