Lettre pour Arabelle : et autres textes : écrits sur l'art et proses

Une imagerie plus ou moins vague enveloppe René Crevel et en fait
quelque chose comme une espèce de personnage dont quelques mots
ponctueraient l'existence : homosexualité, tuberculose, suicide. Voilà de
quoi ne jamais rencontrer celui qui fut et qui demeure un vivant, un
grand vivant, l'insaisissable, le vif, le terriblement vif, qu'on croise et rencontre
toujours là où rien, ni lui ni personne, ne l'attend. Comme René
Crevel l'écrivait lui-même en 1925 : «Quelle accumulation d'épithètes
ne supporterais-je point ? Je ne suis d'aucune catégorie, mais de toutes.
D'une heure à l'autre, je ne me reconnais plus. Donc s'il m'arrive d'agir
avec la volonté ou l'impression d'être défini ou définitif, c'est l'erreur
forcée.» Que l'ensemble des écrits sur l'art et des proses réunis dans le
présent volume rendent hommage enfin à cette vivacité, cette liberté, et
que chacun puisse enfin se délecter à la découverte de ce plus que vivant.