Conversations calédoniennes : rencontre avec Jacques Lafleur

Ce n'est ni une interview, ni une thérapie, ni des confidences, ni même ces
palabres bien de chez nous que nous prenons souvent plaisir à faire durer.
En réalité, je crois que c'est tout cela à la fois, mais le mot juste est peut-être
: conversations. Échanges de paroles. Silences partagés.
C'est d'abord le journaliste qui interroge l'homme politique. Mais, au fil
des conversations, il nous arrive de changer de registre. Au détour d'une
phrase, c'est un Kanak et un Caldoche qui se rencontrent et s'interrogent
sur leur histoire commune et leurs regards partagés. Là, il faut dégoupiller
les mots, contourner les non-dits, esquiver les postures pour se dire les
choses d'homme à homme. Nous basculons alors dans notre intimité
calédonienne. Celle qui fait que nous sommes ce que nous sommes, avec
nos excès, nos pudeurs, nos contradictions et ce sentiment très fort d'un
destin qui nous dépasse.
Enfin, par moments, ce sont deux hommes qui dialoguent tout
simplement dans un bistrot de Paris. Scène banale dans cette ville aux
mille bistrots.